De l'Arbitrage Impérial des Affaires en Souffrance
En l'année Yisi, au commencement du premier mois de l'hiver, l'Empereur tint audience dans le Pavillon de la Splendeur Littéraire et convoqua les Trois Offices Judiciaires pour délibérer des affaires longtemps en suspens.
Il portait une robe sombre avec des pendants de jade vert, et une couronne d'étoiles blanche comme le givre ; sur le bureau du dragon était étendue de la soie unie, et les dossiers s'alignaient comme écailles de poisson, leurs caractères tranchants comme des lames.
Au troisième quart de l'Heure du Lièvre, nul rapport ne fut présenté.
Le Chef du Bureau Judiciaire s'agenouilla longuement et implora le pardon, disant : « La nuit dernière, nous n'avons examiné que jusqu'à la page trente-trois. »
Le regard de l'Empereur fut comme l'éclair, et sa voix égale comme l'abîme : « Les signes du Ciel sont manifestes ; le manche de la Grande Ourse pointe vers l'orient — les affaires des hommes peuvent-elles souffrir de retard ? »
Tous tremblèrent sur leurs genoux et n'osèrent lever les yeux.
L'Empereur descendit les marches d'un pas mesuré et parla en ces termes :
« Les tribunaux d'Occident usent du retard pour tourmenter le peuple, et d'un excès de documents pour protéger les malfaisants. Si notre domaine venait à imiter leurs usages, sur quoi l'État pourrait-il s'appuyer ? Trois jours pour instruire, sept jours pour entendre les témoignages, quinze jours pour rendre le jugement. Quiconque outrepassera ces délais sera dépouillé de sa charge et renvoyé à ses champs. »
Le Sous-Ministre de la Grande Cour de Révision, un certain Wang, protesta d'une voix tremblante : « Les lois et règlements s'amoncellent comme des montagnes ; il n'est point possible de les démêler en une seule matinée. »
L'Empereur sourit légèrement et dit : « L'heure est venue. »
Il ne réprimanda point, mais avertit ; la lame était gainée dans la bienveillance.
Sur quoi il ordonna qu'une « Cloche du Troisième Quart après Midi » fût installée sur le pilier septentrional de la salle.
À compter de ce jour, les mémoires du matin, les délibérations de midi et les révisions du soir furent érigés en loi. Les contrevenants étaient accusés de négligence ; ceux qui erraient se voyaient accorder un second pardon.
Annotations Nocturnes
À la division de la nuit, dans la demi-clarté des lampes, l'Empereur annotait seul des documents dans la chambre intérieure.
Sur un coin de la soie unie, il écrivit d'une écriture fine :
« La magistrature est le bras gauche du Souverain. Quand le bras s'engourdit, on ne le tranche point — étirer les tendons et remettre l'os en place suffit. L'exigence brutale engendre la stase du sang ; ce n'est point là manière de gouverner le corps. »
Et plus loin :
« Quand le procès perd sa saison propre, les liens de l'ordre s'effilochent ; quand les causes s'enchevêtrent en leurs fils, la raison sombre dans la confusion. Toutefois, celui qui gouverne les multitudes le fait en imposant le rythme à ses adversaires et par la clémence fait surgir la vérité. »
Le pinceau retomba immobile sur la soie, la fumée de l'encens frémit imperceptiblement, et l'Empereur demeura plongé dans une profonde méditation.
Le Grand Historien observe
La loi de l'Empereur montre la douceur dans la sévérité et recèle la lame dans la patience. Son sourire contient une épée ; au-delà de ses paroles se trouve un tranchant. Une fois les affaires en souffrance purgées, la Cour et le royaume furent saisis d'une crainte solennelle. Les officiels n'osèrent plus opprimer ; le peuple n'osa plus tromper. Son gouvernement : une autorité qui ne repose point sur l'exécution ; une loi qui n'attend point le bâton. Quand la cloche sonne, l'ordre se rétablit de lui-même.
Il est dit en vers :
La cloche posée, les procès se dénouent d'eux-mêmes ;
Clémence et rigueur demeurent dans un seul son.
L'autorité du givre s'attarde dans l'ombre du cadran ;
La tiédeur du printemps pénètre la voix du luth.