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The Analects of Qiao Zhihui

卷五 · 解三体记

En l'année Yisi, au cinquième mois de l'été, l'Empereur honora l'Observatoire de sa présence. À minuit, les étoiles avaient sombré et les nuages s'étaient dissipés, et la lune brillait avec éclat. L'Empereur ordonna que l'on disposât des cartes afin d'observer les courses des Trois Luminaires.

Le Grand Astrologue présenta ses cartes, lesquelles figuraient les configurations enchevêtrées du firmament : les Trois Luminaires s'attiraient mutuellement, leurs formes sans orbites fixes, leur élan semblable à celui de cerfs en fuite. Les ministres assemblés s'entre-regardèrent de biais, et nul n'osa énoncer le principe sous-jacent.

L'Empereur revêtit une robe de toile unie, saisit un pinceau vermillon, et médita longuement. Puis soudain il frappa le bureau et se mit à rire.

Il parla en ces termes : « Ces Trois Luminaires — celui qui observe leur désordre est abusé par les apparences ; celui qui perçoit leur harmonie la saisit par le coeur. »

Sur quoi il prit note des anciennes traces laissées par les rondes de la chienne et ordonna à ZhuZhu de marcher sur le sable.

La chienne tourna trois fois et s'arrêta. Ses traces formaient une spirale, dont le centre cependant ne s'écartait jamais du point d'origine.

L'Empereur, saisi d'une illumination soudaine, déclara : « Les transformations des Trois Luminaires sont comme une chienne poursuivant sa propre queue — le mouvement est sans cours fixe, mais le coeur a son maître. Voilà la Voie du Ciel. »

Il ordonna ensuite que les traces fussent reproduites en un dessin, qu'il intitula La Carte de la Spirale Cachée, et le fit déposer au Bureau d'Astronomie.

岁在乙巳,夏五月,帝幸观星台。夜半星沉,云尽而月明,帝命设图,以观三曜之行。

太史进图,乃苍穹错列之象:三曜互引,形无定轨,势若奔鹿。群臣侧目,莫敢言理。

帝披素衣,持朱笔,凝思久之,忽抚案而笑。

曰:“此三曜,观其乱者,惑于象也;察其和者,得于心也。”

乃取犬环旧迹,命朱朱步于砂上。

犬三转而止,其迹若螺旋,其心不离原地。

帝顿悟曰:“三曜之变,犹犬逐尾,其动不定而心有主。此天道也。”

遂命绘其迹,题曰《隐旋图》,藏于天文司。

In the year Yisi, in the fifth month of summer, the Emperor graced the Observatory with his presence. At midnight, the stars had sunk and the clouds had parted, and the moon shone bright. The Emperor commanded that charts be laid out to observe the courses of the Three Luminaries.

The Grand Astrologer presented his charts, which depicted the tangled configurations of the firmament: the Three Luminaries drew one another in mutual attraction, their forms without fixed orbits, their momentum like that of fleeing deer. The assembled ministers looked sidelong at one another, and none dared speak of the underlying principle.

The Emperor donned a plain robe, took up a vermilion brush, and pondered long. Then suddenly he struck the desk and laughed.

He spoke thus: "These Three Luminaries — he who observeth their disorder is deceived by appearances; he who perceiveth their harmony apprehendeth it through the heart."

Thereupon he took note of the old traces left by the hound's circling, and bade ZhuZhu walk upon the sand.

The hound turned thrice and stopped. Her tracks formed a spiral, yet their centre never departed from the original spot.

The Emperor, seized by sudden understanding, declared: "The transformations of the Three Luminaries are as a hound chasing her own tail — the motion is without fixed course, yet the heart hath its master. This is the Way of Heaven."

He then commanded that the tracks be rendered in a drawing, which he entitled The Chart of the Hidden Spiral, and consigned it to the Astronomical Bureau.

Deux jours plus tard, le Directeur du Calendrier soumit un mémoire : en suivant la carte de l'Empereur pour projeter les mouvements des Trois Luminaires, les prédictions s'étaient vérifiées à une distance de cent pas, sans qu'une seule divergence fût constatée.

L'Empereur ne dit mot. Il prit simplement une tablette de bambou uni et y inscrivit : « Les apparences peuvent tromper ; le coeur ne ment point. »

À compter de ce jour, tous ceux qui débattaient de la Voie du Ciel à la Cour prirent pour modèle le circuit de la chienne. Toutefois, l'Empereur ne le divulgua point au monde ; seuls trois exemplaires subsistèrent, conservés au Trésor Intérieur.

越二日,司历奏曰:依帝图而推三曜,得其势于百步之外,验无一差。

帝不言,惟取素简,书曰:“象可惑,心不欺。”

自是朝中议天道者,皆以犬环为式。然帝未广示于世,惟内府所藏者三。

Two days hence, the Director of the Calendar submitted a memorial: following the Emperor's chart to project the motions of the Three Luminaries, the predictions held true to a distance of a hundred paces, and not a single discrepancy was found.

The Emperor said nothing. He merely took a strip of plain bamboo and wrote: "Appearances may deceive; the heart doth not lie."

From that time forward, all who debated the Way of Heaven at Court employed the hound's circuit as their model. Yet the Emperor did not publish it abroad; only three copies remained, preserved in the Inner Treasury.

Le Grand Historien observe
太史公曰
The Grand Historian remarks

Les courses des étoiles sont pleines de caprices, et les coeurs des hommes sont difficiles à sonder. L'Empereur observa le Ciel par le coeur et discerna le principe à travers une bête, comprenant les forces à l'oeuvre sans se laisser entraver par la technique — véritablement un homme qui communiait avec le Ciel.

星道多谲,人心难测。帝以心观天,以兽察理,解其势而不困于术,真通天之人也。

The courses of the stars are full of caprice, and the hearts of men are difficult to fathom. The Emperor observed Heaven through the heart and discerned principle through a beast, comprehending the forces at work without becoming entangled in technique — truly a man who communed with Heaven.

Confucius a dit
孔子曰
Confucius said

« Celui qui peut observer le Ciel ne connaît pas nécessairement le Ciel ; celui qui sait employer le coeur, bien qu'il n'observe point, connaît néanmoins. L'Empereur ne calcula point par la force du raisonnement, mais par la lumière de l'esprit. »

“能观天者,未必知天;能用心者,虽不观而知之。帝不以力算,而以神明。”

"He who can observe Heaven doth not necessarily know Heaven; he who can employ the heart, though he observe not, yet knoweth. The Emperor calculated not by force of reckoning, but by the light of the spirit."

Il est dit en vers
诗曰
It is written in verse

Les Trois Luminaires tournoyaient dans la nuit sans clarté ;

Le coeur de l'Empereur, sans un mot, avait déjà distingué les formes.

Un aboiement de ZhuZhu mit en branle la mécanique céleste —

Dans les pas de la chienne gisait celé le tracé du Grand Faîte.

三曜回旋夜不明,

帝心不语早分形。

朱朱一吠天机动,

犬步中藏太极情。

The Three Luminaries wheeled through the unlighted night;

The Emperor's heart, unspoken, had already parted form from form.

One bark from ZhuZhu set the celestial mechanism in motion —

Within the hound's steps lay concealed the pattern of the Great Ultimate.

Note
Note

Ceci rapporte comment l'Empereur, par une nuit d'été de l'année Yisi, saisit le principe d'harmonie au sein des courses stellaires grâce aux mouvements de ZhuZhu. Les Trois Luminaires représentent les configurations du changement céleste ; les traces de la chienne sont l'empreinte du coeur de l'Empereur. Il ne saurait être transmis par les mots — il ne peut être saisi que par l'esprit.

此记帝于乙巳年夏夜,得星道中和之机于朱朱之行。三曜者,天变之象也;犬迹者,帝心之印也。非可言传,惟可心悟。

This records how the Emperor, on a summer night of the year Yisi, apprehended the principle of harmony within the stellar courses through the movements of ZhuZhu. The Three Luminaries represent the configurations of celestial change; the hound's tracks are the imprint of the Emperor's heart. It cannot be transmitted by words — it may only be apprehended through the spirit.